lundi, 22 février 2016 18:01

Retrouvez ci-dessous les documents soumis au débat des syndiqué-e-s CGT et au vote des syndicats.

 

RAPPORT D'ACTIVITÉ

 

 

 

 

DOCUMENT D'ORIENTATION

 

 

AFFICHE

 

 

NOTRE CONTRIBUTION AUX DÉBATS DU 51e CONGRÈS

Info'Com-CGT a 10 ans ! Un anniversaire qui tombe au même moment que le 51e congrès de la CGT qui se tiendra du 18 au 22 avril à Marseille.

L'occasion pour nous de contribuer aux débats qui traversent le syndicalisme mais aussi de faire un point d'étape d'un syndicat historique de la CGT qui a su évoluer avec son temps sans rien abandonner de ses valeurs.

Genèse du projet, témoignages militants, analyses et perspectives pour construire la CGT de demain… place aux expériences concrètes, aux débats et à la réflexion.

 

 

 

 

 

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  • Invité - Jean Gersin

    CGT : UN CONGRÈS "FAUX NEZ" EST-IL ENCORE POSSIBLE EN AVRIL À MARSEILLE ?

    Le rejet de la loi El Khomri, fort de son million de signatures la veille de sa première manifestation le 9 mars, surprend un appareil confédéral azimuté vers un congrès faux-nez. Délégations croisées fédérations-Unions départementales pour délégations sévèrement triées, pas de tribunes de débat pour un document d’orientation qui banalise l’institutionnalisation au détriment des revendications… le cap du Vieux Port était celui du contrôle. Mais voilà le mouvement contre la loi El Khomri.

    Si des centaines d’organisations de la Cgt et avec elles des milliers de militants ont grossi d’emblée les rangs de la résistance pour le retrait, une certaine hésitation confédérale est toujours présente. Comment dire non à Valls sans se couper de sa béquille syndicale, la CFDT ? Comment batailler pour la disparition de la loi contre le travail quand Berger, le partenaire privilégié du « syndicalisme rassemblé », agit pour la labelliser afin de mieux en faire passer une version prétendument amendée ? Comment tenir congrès en ayant évacué dès le préambule toutes les questions revendicatives, alors qu’elles rutilent de mille feux au cœur du mouvement contre la loi El Khomri ?

    Et puis, et surtout, s’il s’avère que la jeunesse s’en mêle vraiment, c’est qu’elle aura pris cette loi comme un exutoire contre le système qui ne lui laisse pas de place. Alors, une confédération qui veut se rajeunir tout en contrôlant les turbulences des moins de 25 ans, peut-elle se contenter de faire dans l’organisation à haute dose, comme l’orientation soumise au vote le préconise ? D’autant qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle formule organisationnelle, il s’agit pour le « document d’orientation » de se rapprocher des institutions d’État sur la base des régions répondant aux critères de l’Union européenne…

    La loi El Khomri, produit de concertations de sommet rejetées par en bas
    Le mouvement contre la loi El Khomri est une répétition générale, porteur de grands espoirs car la jeunesse s’en mêle. Motivé par une haute compréhension que cette loi est la frappe libérale de trop dans la stratégie du choc contre le peuple, il a été initié dans le tréfonds des réseaux sociaux. Il a bien sûr rencontré des militants en veille permanente, et a été relayé par des organisations vivantes et actives. Mais c’est une simple pétition sur un site numérique qui a lancé l’alerte. Ce mouvement est déjà assez riche pour guider la CGT.

    Cette loi est l’aboutissant d’une longue démarche contre les lois sociales. Depuis au moins deux ans, sur fond de campagne inquisitoriale contre le Code du travail, des rapports épais ont fait l’objet de discrètes concertations avec les partis de gouvernement, toutes les confédérations syndicales, les coalitions patronales et bien sûr la cohorte des cabinets d’experts. Les rapports Mettling, Combrexelle, Pisani-Ferry, Quinqueton… ont été les pièces du puzzle de la loi El Khomri. La Carte Vitale supplantée par le Compte personnel d’activité, la fin des Conventions Collectives et l’accord local à disposition du seul employeur, l’organisation de la concurrence entre statut du travail salarié et statut d’auto-entrepreneur, la neutralisation des prud’hommes et le droit de licencier sans entrave, la fin de la mesure du temps de travail, le Code du Travail remplacé par 61 lignes magiques écrites de la main du cabinet Badinter, etc.

    Au terme de cet effort de sommet dans le microcosme gouvernemental, la loi sortait brute des fonderies libérales. Elle se donnait pour ce qu’elle était, sans fard, une étape décisive dans la mise à fin du droit social. Voilà pourquoi le refus pétitionnaire de masse puis les manifestations de rue et les grèves expriment une résistance de fond aux destructions libérales présentées comme le fruit normal de la société de marché mondialisé. Il ne s’agit pas d’impopularité de telle ou telle tête de gondole, mais de perte de légitimité du libéralisme de gouvernement et de refus de ses dégâts.

    Institutionnalisation, négociations ? Le lourd bilan confédéral éclaire le débat
    Voici ce que propose le document d’orientation.
    45. Un syndicalisme qui équilibre activité institutionnelle et proximité avec les syndiqués, les salariés.
    De quelle « activité institutionnelle » s’agit-il ?
    La structure confédérale de direction a participé à toutes les réunions préparant les rapports introduisant la loi El Khomri. On trouve à la fin des volumineux travaux remis par les rapporteurs, qu’ils soient fonctionnaires d’État ou dirigeants de grands groupes privés, la liste exhaustive des personnes consultées. Y figurent à chaque fois les noms de représentants, mandatés ou non, de la Confédération es qualité ou de l’une ou l’autre de ses importantes organisations. C’est ainsi que dans le cadre de ce qui n’était pas des « négociations », mais des concertations organisées après les décisions prises d’en haut, la Cgt était sollicitée comme les autres confédérations pour apporter sa pierre à l’édifice. Le jeu institutionnel visait à la faire collaborer à l’œuvre libérale en cours.

    Loi Rebsamen, Compte personnel d’activité (rapport Pisani-Ferry), rapport Mettling sur le numérique et le statut de l’auto-entrepreneur contre le statut du travail salarié, rapport Combrexelle sur la fin des conventions collectives et la place de l’accord d’entreprise, rapport sur la formation professionnelle… La présence de représentants de la Cgt est-elle suffisante pour qualifier ces réunions de négociations ? D’aucune façon, d’autant que le contenu des mandats et le compte rendu de leur exercice est des plus discrets. Le résultat, exprimé de façon synthétique par la loi El Khomri, est éloquent : tous ces efforts de concertation tendaient à transformer le syndicalisme à l’image de la CFDT. Seule la collaboration est moderne, à l’heure libérale…
    Ce que révèle le bilan de toutes ces réunions sous l’égide du gouvernement, c’est que la riposte syndicale n’a pas été organisée. La loi Macron est passée sans coup férir au courant de l’été 2015, alors qu’elle contourne le code du travail pour le règlement des litiges employeurs employés. La loi Rebsamen, au même moment, est adoptée alors qu’elle interdit le fait syndical dans les TPE (-11 salariés). Elle y remplace la présence syndicale indépendante par des comités régionaux paritaires aux membres interdits de séjour dans les entreprises. En outre elle divise la représentation syndicale des IRP par deux. Les rencontres concernant le compte personnel d‘activité se déroulent sur la base d’un long rapport qui le présente comme explicitement alternatif à la Carte vitale. L’alerte a bien été donnée, mais elle émanait des négociateurs sur l’Agirc Arrco…

    CGT et CFDT, faut-il les rassembler ?
    CGT et CFDT ont bifurqué après leur unité dans l‘échec du mouvement de rue sur les retraites de 2010.
    Le sommet de l’appareil confédéral Cgt plongeait dès les premiers jours de 2011 dans une guerre de succession concernant le remplacement du départ annoncé de Bernard Thibault. S’ensuivit une période de 4 ans dont on peut sans peine relever la trace dans les journaux, tant les vraies ou fausses confidences et les fuites ont alimenté la chronique concernant la CGT. Cette belle tranche de vie syndicale culmina avec l’affaire de Vincennes concernant en particulier l’éphémère prédécesseur de l’actuel secrétaire général. Les célébrations du 120e anniversaire de la Cgt n’ont eu d’autre fonction que de voiler pudiquement cette longue épreuve. Elle n’était que l’expression d’une crise d’orientation, dont rien n’indique qu’elle soit close, à moins de confondre cette question avec celle de la succession. Ce vide d’orientation accroit la pression politique de la CFDT.

    La CGT à l’épreuve de la stratégie CFDT du moindre mal. Les contrefeux contre le mouvement qui naît relèvent tous de la théorie du moindre mal. Le mécanisme est bien rodé. Résonne la petite musique du renoncement. Le défaitisme est enveloppé dans un pseudo bon sens et un prétendu réalisme : « la loi va passer, c’est inéluctable, le rapport des forces n’y est pas, ce qui est malin, et à notre portée, c’est en atténuer les dégâts et amender pour arrondir les angles. Vous ne voulez quand même pas l’aventure, le renversement du gouvernement, le désordre de rue dont va s’emparer l’extrême droite avant même 2017. » C’est au nom de cette gymnastique de la reddition a priori que le monde des riches fait violence au monde des pauvres. Nous serions non dans le meilleur des mondes mais dans le monde du moindre mal. En conséquence, rangeons-nous sagement dans les écuries électorales de 2017 occupées par des chevaux d’éternel retour.

    Ce mécanisme du moindre mal a conduit à la formation dès 2011 d’un bloc qualifié à tort de « réformiste » par les médias. Car de réformes, le triumvirat CFDT CFTC CGC n’en porte point. Il s’agit d’une adhésion idéologique de ces appareils confédéraux aux thèses du patronat en matière de « compétitivité ». A la capacité d’une entreprise de résister aux secousses de la concurrence, tout doit être sacrifié, protection sociale, salaire, emploi. L’accord de la bande des 3, signé en juin 2011 avec la CGPME, l’UPA et le Medef, a été la matrice de création des ANI et des lois destructrices pour les salariés depuis 4 ans.

    Quelle orientation ? Celle de la résistance ?
    De nombreux mouvements, aux multiples visages, ont pris le chemin de la Résistance. Présents dans la ZAD de Notre Dame des Landes, dans les mouvements écologiques, à Calais, dans les associations de solidarité à l’égard des immigrés, dans une kyrielle de luttes locales, sociales ou contre la destruction des services publics, ces actes se multiplient. Et c’est leur esprit de résistance, avec celui entretenu par nombre de militants qui n’ont jamais renoncé, qui souffle sur la lutte contre la loi El Khomri.

    Il nous apparaît que leur voix, comme celle du peuple, n’est entendue nulle part, pourtant elle forme une légitimité populaire qui est en fracture ouverte avec le système de représentation en vigueur. Les tonitruants médias sont devenus le monde du silence s’agissant de ces actions. À nous de restituer leur parole pour mieux discerner les chemins et bifurcations brusques du monde réel de la résistance quotidienne.

    Voilà pourquoi, à l’instar de la presque unanimité du congrès de la Filpac de novembre 2015, nous préconisons une orientation tournée vers l’émancipation sociale. Il ne s’agit pas, comme dans le document de congrès, d’une référence formelle pour couvrir ses arrières et assurer les naïfs d’une continuité historique. L’émancipation sociale, ce sont celles et ceux qui s’y engagent qui en parlent le mieux. C’est leur voie, c’est la voie du rebond.

    Jean Gersin, 7 mars 2016

    Dernière édition du commentaire il y a environ 1 an par Romain Altmann
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