lundi, 02 décembre 2013 00:00

La direction de Dalloz impose une restructuration sans le dire vraiment. De gros risques à prévoir pour les salariés "mutualisés".

 

 

Où donc va Dalloz ?

Et, accessoirement, que deviendront ses salarié(e)s ?

Après le projet de fusion, puis la dé-fusion (ou l’in-fusion ?), le projet de déménagement à Montrouge (avec les EL), puis à Issy, puis à Châtillon (avec les EL et les EFL), la mise en place de « rapprochements opérationnels » Dalloz-EL concernant plusieurs services (comptabilité, marketing, commercial…), les dirigeants du GIE Lefebvre-Sarrut inventent le regroupement externalisé, ou la « mutualisation des services supports », pour ne pas dire la restructuration, en créant la société « ELS Gestion », dont ils voudraient voir la naissance officielle en janvier 2014, pour la galette des rois. Mais il n’y aura ni fève ni couronne pour les salariés Dalloz, Éditions législatives et Éditions Francis Lefebvre des trois services administration des ventes (ADV), qui auront alors quitté leur entreprise d’origine pour un avenir incertain…

Des motifs d’inquiétude qui se multiplient

-> Au cours du CE de septembre, la direction de Dalloz a annoncé que, « pour des motifs économiques », il ne serait plus procédé, désormais, au remplacement systématique des postes laissés vacants (quelle qu’en soit la raison), contrairement à un usage établi depuis des années. Ne pas remplacer une personne, c’est considérer soit que son travail n’était d’aucune utilité, soit qu’il est « normal » que ses collègues immédiats absorbent la charge de travail laissée sans titulaire. La direction considère-t-elle que les salariés sont en sureffectif ? Peut-on penser que de tels choix n’auront aucune conséquence sur les conditions de travail et la qualité produite ?

-> Très prochainement (fin 2013-début 2014), la société occupant actuellement le 3e étage des locaux de la rue Froidevaux devrait mettre fin à son bail. (Rappelons que cet étage avait été « perdu » par Dalloz lors de la fameuse chorégraphie managériale « Je pars/Je reste » de 2010, et que les salariés de la télévente en furent quittes pour être quasi illico déplacés à Montrouge.) Or Dalloz, qui manque de place au point que de nombreux travaux de réaménagement ont été effectués afin de faire tenir plus de personnes dans moins de mètres carrés, ne se porte pas candidat à la reprise de ce bail ! Que peut-on en déduire ? Qu’une densité proche de celle des sardines en boîte est jugée propice à un travail productif et épanouissant ? Ou bien que la place ne manquera pas lorsque certains salariés auront quitté les lieux ?

Vers une fusion-absorption ?

-> Le projet du GIE de fusionner les trois ADV n’est qu’une première étape : devraient suivre la comptabilité, l’informatique générale (voire toute l’informatique, puisque le service de l’informatique éditoriale [IED] est une originalité de Dalloz), puis le service des relations clients (SRC)… ELS Gestion ressemblerait à une sorte de fourre-tout regroupant les « services prestataires » du groupe. Avec quels statuts, quelle convention collective, quel objet commun ? Dépourvue de tout accord d’entreprise, la nouvelle société ne pourra établir, pour 2014, ni jours de RTT, ni intéressement, ni participation.

-> Qui peut être certain, aujourd’hui, de ne pas être transféré à court ou à moyen terme ? Quels services seraient définitivement à l’abri, et dans quelles conditions ? Dans son courrier relatif au plan « ELAN 2014-2016 », notre présidente a salué la qualité « exceptionnelle » des contributions des groupes de travail où se sont impliqués « plus de 150 collaborateurs de notre maison ». Que deviendra cette valeur collective si plusieurs services sont « externalisés » ?

-> Nous ne pouvons que saluer la réaction du comité d’entreprise, qui a fait usage de son droit d’alerte en réponse au projet d’externalisation du service ADV. Mais si cette réaction institutionnelle (« le CE envisage d’avoir recours à un avocat ») est nécessaire, sera-t-elle suffisante pour s’opposer efficacement à l’absorption, version ingestion ophidienne ?

Il y a trois ans, lors de la grève du 25 novembre 2010, les salariés de Dalloz avaient réussi, en montrant leur détermination collective, à faire renoncer le groupe à son projet de fusion. N’est-il pas temps de nous mobiliser à nouveau ?

Paris, lundi 2 décembre 2013

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