mercredi, 16 mars 2016 00:00

A l'appel de notre syndicat, une cinquantaine de militants (Info'Com-CGT, CGT Gibert Joseph, UD CGT Paris, Filpac-CGT) se sont rassemblés pour dénoncer la menace de licenciement de notre déléguée syndicale à L'Harmattan.

Lors de l'entretien, la direction n'a pas su argumenter sa décision d'enclencher cette procédure tellement c'est grossier et illégal.

Le combat continue pour empêcher son licenciement !

 

La pétition en ligne : 

https://goo.gl/aqTStj

 

 

La lettre de convocation

 

COURRIER DE MARIANNE RAVAUD
AUX SALARIÉS DE L'HARMATTAN

Bonjour à tous,

J'ai reçu vendredi 11 mars 2016 un mail m'informant de mon interdiction de me rendre sur mon lieu de travail jusqu’à l’entretien préalable du lundi 21 mars 2016 pouvant conduire à mon licenciement. Je suis mise à pied. La loi permet tout de même que je continue à exercer mes mandats.

C’est assez incroyable ! Après Véronique sanctionnée en quelques semaines de trois avertissements, la direction veut maintenant me licencier.

Depuis deux ans et demi, tout a été mis en œuvre pour nous détruire.

Cela commence en octobre 2013. Nous avions commencé à parler des chauffages qui sont volontairement baissés alors que les salariés ont froid. On a également abordé les problèmes d'organisation et de charges de travail.

Voici la liste non exhaustive de ce qu'on me fait subir :

- Refus de décaler les congés de trois jours en septembre 2014 pour ma fille qui faisait sa rentrée sur une demi-journée à la maternelle (pas de cantine pendant deux jours, pas d'accueil au centre de loisirs) ;

- Refus de passer à un échelon supérieur : j'ai le même échelon T2 que des collègues qui ont l'année d'ancienneté au même poste alors que j'ai plus de 6 ans d'ancienneté et que je participe à la formation des collègues ;

- Diffusion de tracts de la direction auprès des collègues, pétition, dénigrement de mon travail auprès des auteurs ; mise au placard, je ne détaille pas.

On m'a reproché à la fois de ne pas travailler assez parce que j'étais à temps partiel et lorsque j'ai demandé quelques mois plus tard un retour à temps plein, on m'a répondu qu'on ne voulait pas de moi dans l'entreprise.

Si, après toutes ces tentatives répétées et violentes sur mon lieu de travail et sur ma vie personnelle, depuis octobre 2013, je n'ai pas demandé à partir, c'est que de mon côté les choses sont claires : la direction a problème avec les représentants du personnel qui font leur travail exactement comme ils devraient le faire, compte-tenu de la situation que l'on a trouvé en juin 2013. C'est à la direction de se conformer au droit. Ce n'est pas à nous de détourner la tête dès qu'un problème se pose ou d'être d'accord sur tout pour être bien vus.

La direction a une obligation de protection envers ses salariés. La direction a fait preuve d'une violence sans précédent toujours plus loin, toujours plus fort et pourtant elle se pose en victime : deux femmes syndiquées, à elles seules, feraient régner un climat « insurrectionnel et de terreur » dans l'entreprise ?

Nous sommes partis de zéro en juin 2013, nous ne savions rien sur le droit du travail. Nous avons travaillé sur tous les sujets (convention collective, 1% logement, maladie, congés...) pour répondre aux problèmes que rencontraient chacun d’entre vous.

Rappel de quelques souvenirs avant l'élection des délégués :

- un matelas derrière le bureau des attachées de presse qui servait à des personnes extérieures l’entreprise et où il n’était pas rare de trouver des personnes encore présentes quand les collègues embauchaient ;

- une personne malade et précaire qui travaillait debout toute la journée et dans le froid sans être déclaré dans les effectifs et qui n'avait eu accès à aucune visite médicale. Cette personne est d'ailleurs décédée depuis ;

- des sanitaires nettoyés une seule fois par semaine alors qu'il était en libre accès à la clientèle. Autant vous dire que les salariées en cours de grossesse étaient pas tranquilles ;

- des travaux réalisées sans tenir compte de l'exposition des salariés au danger : le carrelage du sol du comptoir de vente a été cassé au maillet en présence des salariés. Image surréaliste qu'on n'oubliera sans doute jamais. S'il y avait eu des délégués, cela aurait été retrait et coup de fil à l'Inspection pour faire constater le danger ;

En tant que déléguée, je ne prétend pas faire de miracle car cette direction est extrêmement hostile à la réglementation du travail et à la prise en compte du salarié, mais je suis convaincue que nous sommes utiles et que tout salarié sait depuis deux ans qu'il peut à tout moment avoir recours aux délégués, que les délégués veillent et feront de leur mieux.

Il est difficile d'avoir des représentants du personnel dans les petites et moyennes entreprises, et quand on y parvient c'est une victoire.

Cette belle victoire, c'est celle de vous, de nous, tous ensemble, qui ont cessé le travail une heure en 2012 pour protester comme les 4 semaines de congés et pour des élections.

Élections qui ont tardé à être organisées comme la plupart des engagements pris par la direction : elles ont été reportées sans calendrier précis.

Ce sont donc bien les salariés eux-mêmes qui ont provoqué juridiquement les élections par l'envoi d'un courrier recommandé.

Je ne veux pas être licenciée. Je ne veux pas que les instances du personnel soient fragilisées. Il faut arrêter de faire passer ceux qui essaient de faire correctement leur travail professionnel et qui exerce correctement leur mandat pour des personnes qui voudraient détruire l'entreprise. C’est un droit d'utiliser son cerveau pour se poser des questions sur nos métiers et sur ce que l'on fait et comment on le fait. Et si l'on veut bien le faire, comment il faut procéder. Nous avons même une abondante littérature sur le sujet à L'Harmattan.

La direction dépense une énergie considérable à nous maltraiter alors que cette énergie pourrait être utilisée à améliorer l’organisation pour tous, et non contre tous, la communication des informations pour le travail et pour nos droits.

La stratégie est toujours la même : intimidation pour s'assurer que personne ne dise rien et ensuite on se gargarise que personne n'a rien à dire et ce serait la preuve que tout va bien. On est condamnés à être d'accord ou à être persécutés. Nous sommes où exactement ? Dans une entreprise en France en 2016, vous êtes sûr ?

J’espère avoir votre soutien. La direction sait bien que si la peur ne fonctionne plus, alors son discours idéaliste ne tient plus. Jusqu’à présent, je me suis engagée pour protéger nos droits à nous tous. Je vous demande maintenant d’y aller tous ensemble pour se protéger les uns les autres, pour protéger le droit d'avoir des droits et des personnes qui défendent l'intérêt général.

#onvautmieuxqueça

Bien à vous,

Marianne Ravaud,
déléguée syndicale Info'com-CGT
à L'Harmattan

 

4 rue Guyton-de-Morveau • 75013 Paris
Tél : 01 43 31 80 49