mardi, 17 janvier 2017 00:00

La direction de La Voix du Nord, par son plan de licenciements de plus d'un quart des effectifs, affaiblit le journal et met en danger l'information de qualité. Notre syndicat n'accepte pas cette fatalité de toujours voir le financement des investissements par la suppression d'emplois.

 

 

SOLIDARITÉ LA VOIX DU NORD

DÉFENDRE L'INFORMATION ET SES EMPLOIS
EST LA CAUSE DE TOUS

1 La destruction d’un quart des effectifs du groupe La Voix-Rossel est inacceptable. Nous devons refuser que l’investissement dans le numérique soit payé par les économies sur la masse salariale.

Intitulé « Demain La Voix », le plan de destruction des emplois à La Voix du Nord devrait, selon la direction, être payé par les salariés ! Les chiffres annoncés parlent d’eux-mêmes : 19 embauches de métiers du numérique, 178 suppressions de postes parmi les journalistes, les imprimeurs rotativistes, les employés et les cadres. Le raté du système CCI Newsgate, il y a 3 ans, présenté comme la magie numérique, entraîne l’urgence de cette brutale récolte de fonds. La facture serait payée par les 178 licenciements, déguisés en départ volontaire, mesure de départ à 55 ans.

2 Nous refusons le diktat financier qui menace de naufrager l’information à La Voix du Nord. 

Les capitaux du Crédit Agricole ne cessent de monter en puissance dans le groupe Rossel depuis 2011. Le banquier et le groupe belge infligent une obligation de rentabilité de plus de 10 % à une entreprise dont la vocation devrait être d’abord le service de l’information. 

Les titres d’information, qu’ils soient imprimés ou numériques, sont handicapés parce que le plus souvent ils portent l’obligation de nourrir les bailleurs de fonds et les actionnaires ! Le Crédit Agricole, qui représente plus de 30 % du capital, doit investir, et non disposer de l’information comme d’un marché financier.

3 Nous considèrons l’attaque contre les emplois à La Voix du Nord comme l’une des premières conséquences directes de la loi dite « Travail », ce qui renforce leur détermination à continuer le combat pour son abrogation.

Toutes les rencontres avec le patronat, souvent appelées négociations, depuis le 1er janvier sont déterminées par l’application de cette loi qui suscite un rejet majoritaire. Voici les deux articles que la direction du groupe applique à Lille :

  • la loi Travail, par son article 67, Code du Travail art. L. 1233-4, offre à l’employeur la possibilité de licencier sans justificatif dès l’apparition des moindres « difficultés économiques » et de perspectives de « mutations technologiques » ;
  • le contrat de travail de chaque salarié ne peut pas s’opposer à un employeur baptisant une purge de l’effectif un « accord de préservation et de développement de l’emploi ». (Art. 22, Code du Travail art. L. 2254-21-I et L. 2254-2-II).

Considérant que la volonté du groupe Rossel Crédit Agricole de détruire les emplois à La Voix du Nord est un précédent inadmissible, Info’Com-CGT appelle à la construction d’un mouvement unitaire de résistance pour l’information indépendante et pour l’emploi.

Paris, le 16 janvier 2017

 

4 rue Guyton-de-Morveau • 75013 Paris
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