Chaque année, le 8 mars est un moment revendicatif incontournable de la lutte pour les droits des femmes. Plus qu’une date symbolique, cette journée devient une tribune pour revendiquer des avancées réelles, particulièrement dans le domaine du travail où les progrès à faire sont encore considérables.

Des inégalités professionnelles persistantes. Les écarts entre hommes et femmes demeurent flagrants dans le monde professionnel :

  • sur les écarts salariaux, les femmes continuent de percevoir des rémunérations inférieures à celles des hommes, avec des disparités encore plus importantes dans les secteurs féminisés ;
  • sur la précarité : partout, les temps partiels subis, les contrats courts, ou encore le manque de reconnaissance de certains métiers (par exemple, le soin ou le secteur social) touchent majoritairement les femmes ;
  • sur les violences sexistes et sexuelles, les femmes subissent le harcèlement, les discriminations et l’absence de protection pour les victimes ;
  • sur la double journée de travail : les femmes continuent d’assumer une majorité des tâches domestiques tout en exerçant une activité salariée.

Une grève féministe pour des droits concrets. Face à ces injustices, la grève féministe du 8 mars prend une ampleur sans précédent. Inspirée des luttes internationales, elle met en lumière le travail invisible des femmes et appelle à des revendications fortes :

  • l’égalité salariale et la reconnaissance des métiers féminisés ;
  • une meilleure protection contre les violences au travail ;
  • un partage équitable des tâches domestiques et familiales ;
  • le renforcement des services publics pour soutenir l’égalité.

La CGT organise la journée du 8 mars en France depuis les années 1970. L’Organisation des Nations Unies a proclamé le 8 mars comme Journée internationale des droits des femmes en 1977. Avant même cette date, la CGT a été l’une des premières organisations syndicales à marquer cette date, en lien avec ses revendications féministes et pour mettre en lumière les inégalités de genre dans le monde du travail.

Une lutte pour l’égalité, y compris à la retraite. Le 8 mars, journée de mobilisation pour les droits des femmes, prend une résonance particulière dans le cadre de la réforme des retraites qui aggrave encore les inégalités. Alors que le 25 janvier, journée mondiale contre le sexisme, reste symbolique, le 8 mars s’affirme comme une journée de lutte concrète pour améliorer les conditions de travail et de retraite des femmes.

La réforme des retraites pénalise les femmes. Le recul de l’âge légal à 64 ans touche particulièrement les femmes, déjà défavorisées tout au long de leur carrière :
  • des pensions inférieures de 33 % en moyenne : sans correction dans la réforme, les femmes perçoivent une pension équivalente à seulement 67 % de celle des hommes (source : Conseil d’orientation des retraites, 2022) ;
  • un système basé sur les vingt-cinq meilleures années : les interruptions de carrière (maternité, éducation des enfants) et le temps partiel subi (qui concerne une femme sur trois) réduisent considérablement leurs pensions ;
  • la décote : une double peine. 19 % des femmes (contre 10 % des hommes) doivent attendre 67 ans pour éviter l’abattement de 5 % par année manquante ;
  • une surcote inaccessible : bien que le compteur de la surcote commence à 63 ans pour les mères, elles ne peuvent toujours pas partir à cet âge.

Des revendications fortes pour des retraites justes. Face à ces injustices, la grève féministe du 8 mars se situe dans une lutte plus large pour des retraites équitables :

  • le retrait de l’âge de départ à 64 ans ;
  • la suppression de la décote à 67 ans ;
  • l’égalité salariale pour garantir des pensions dignes ;
  • la fin des discriminations à l’embauche et dans la carrière ;
  • le retour à la retraite à 60 ans.

Cette réforme met en lumière des inégalités structurelles qui débutent dès l’entrée dans la vie professionnelle. C’est pourquoi la mobilisation du 8 mars est cruciale. Il ne s’agit pas uniquement de défendre des droits, mais d’exiger une refonte du système pour en finir avec les inégalités de genre dans le monde du travail et des retraites.

Dans plusieurs pays, des gouvernements conservateurs et d’extrême droite remettent en cause des acquis féministes :

  • le droit à l’avortement : aux États-Unis, la Cour suprême a annulé l’arrêt Roe v. Wade, laissant les États interdire l’interruption volontaire de grossesse ; en Europe, la Pologne a drastiquement restreint ce droit, et d’autres pays comme la Hongrie imposent des restrictions croissantes ;
  • les violences sexistes et conjugales : en Espagne et en Italie, des gouvernements de droite dure minimisent les politiques contre les violences de genre ; certains partis nient même l’existence du féminicide… ;
  • accès à l’éducation et à l’emploi : en Afghanistan, les Talibans ont banni les filles des écoles secondaires et des universités, une régression brutale pour les droits des femmes.

La décomplexion du discours sexiste en ligne. Avec l’explosion des réseaux sociaux, les propos antiféministes et misogynes se normalisent :

  • des influenceurs masculins prônant la domination des hommes sur les femmes cumulent des millions d’abonnés ;
  • les féministes et les militantes sont prises pour cible, ce qui décourage la prise de parole en ligne ;
  • l’humour sexiste, autrefois cantonné à des cercles privés, est massivement partagé et influence les plus jeunes.

L’extrême droite s’attaque aux droits des femmes pour plusieurs raisons :

  • pour ces mouvements, la femme doit être mère et épouse avant tout;
  • limiter le droit des femmes fait partie d’un projet politique global de contrôle des corps et des identités;
  • #MeToo et les avancées des dernières décennies génère un rejet chez certains hommes.

Comment résister ?

Parmi les moyens de résistance, figurent :
o les mobilisations massives : les grèves féministes en Espagne, des manifestations en Pologne et en Amérique latine ;
o les luttes numériques : des influenceuses, des militantes contrecarrent le discours masculiniste ;
o la solidarité internationale : des organisations non gouvernementales et des institutions dénoncent ces régressions et soutiennent les victimes.

Solidaires, déterminées, les travailleuses et travailleurs de la CGT se battent pour un avenir égalitaire et juste pour toutes et tous !