» On pourrait penser au scénario d’une série télévisée chez Prodigious dont le print, et maintenant la post-production film, seraient mis au ban des accusés et condamnés à disparaître en France. Malheureusement, ce n’est pas une fiction.
Il y a plusieurs années, la direction avait mis la pression sur les salarié·e·s du print pour qu’ils se tournent vers la 3D… Échec.
Changement d’orientation, les salarié·e·s du print ont ensuite été sommés de se former sur le digital…Éche.c
En 2016, la direction faisait appel au cabinet de reclassement Ingéus. »

 

Objectif : échanger sur la mutation des métiers et sur les options possibles vers d’autres postes… Échec

Info’Com-CGT, à l’époque, estimait que le cabinet suivait simplement une procédure préétablie, sans se préoccuper de l’avenir de la plupart des salarié·e·s. Il n’y a pas eu d’accompagnement dans la « transformation du print », pas de formation sur les nouveaux métiers, pas de proposition de postes… Encore un échec.

En 2020, on ne parle plus de former les salarié.es du print et de la post-production films à de nouveaux métiers, mais de se débarrasser de 25 salarié·e·s sur 53 au print et de 8 salarié·e·s sur 38 à la post-production films.

Les métiers « traditionnels » doivent être externalisés, automatisés, optimisés, gagner en productivité.

Ce qui veut dire, fin des investissements, suppressions de postes, avenir sans perspective pour tous les salarié.es qui ont permis à Publicis, donc à Prodigious, de prospérer et d’engraisser les actionnaires.

Comme de nombreuses entreprises du CAC 40, Prodigious se sert de la « crise covid » pour accélérer la destruction de plusieurs services qui font partie des métiers historiques de la publicité.

Pourquoi, depuis 2018, les élu·e·s du Comité social et économique (CSE) et la CFDT, seul syndicat « représentatif » chez Prodigious, n’ont-ils jamais parlé des services historiques ? Pourquoi ce désintérêt de la part des élu·e·s ? Pourquoi n’y a t-il pas un mot sur la Pologne ? Il est peu probable que le CSE ne soit pas au courant des projets de la direction, les expertises (orientations stratégiques de l’entreprise, situation économique, politique sociale, emploi et conditions de travail) faisant partie de leurs prérogatives.

Novembre 2020, la CFDT signe un accord de rupture conventionnelle collective (RCC). Une disposition qui facilite les ruptures de contrats entre les salarié·e·s et l’employeur. 

Elle porte sur les suppressions d’emplois au print et à la post-production film, sans que l’entreprise n’ait en contrepartie de contraintes économiques.

Pour la direction, la RCC a des avantages indéniables : elle est dispensée des pièces justificatives qui encadrent les licenciements économiques, et bénéficie de plus de souplesse dans la gestion des départs, comparativement au Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Pour Info’Com-CGT, c’est un bon moyen pour la direction de faire partir des séniors à moindre coût, et d’embaucher dans la foulée, ou d’envoyer le travail dans les filiales off shore.

33 suppressions de postes envisagées par la direction, un accord copié/collé sur le plan de départs colontaires de Re:sources, et la CFDT s’en réjouit ?

« Il fallait pouvoir maintenir les mêmes choses a minima et ce n’était pas la volonté de la direction. » 

C’est ce qu’on appelle le dialogue social !

Alors que le gouvernement, les médias, les syndicats alertent sur la santé psychologique de nombreux français dans une période où le télétravail est généralisé (salarié·e·s isolé·e·s), la direction transfère la responsabilité de sa mauvaise politique salariale sur les salarié·e·s en les pointant du doigt, et veut supprimer des postes.

Pour Info’Com-CGT, trop de salariés sont en souffrance pour de multiples raisons. Le choix de signer un accord sur une rupture conventionnelle collective juste avant les fêtes, a-t-il été réfléchi ?

La direction et le CSE ont-ils mesuré l’impact psychologique sur les salarié·e·s?
Info’com-CGT n’est pas dupe : la direction de Prodigious ne s’arrêtera pas là,
les ruptures conventionnelles chez Publicis en France ont explosé.